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Il est loin le temps béni où le quartier latin était un quartier étudiant. En dépit de la crise immobilière annoncée, la question du logement demeure l’une des principales préoccupations de la génération Y. Certains feront valoir, à juste titre, que cette question concernent l’ensemble des  ménages  et pas uniquement la génération Y.

Le phénomène  est cependant ressenti  d’autant plus durement par les jeunes qu’il constitue  un des obstacles majeurs à leur émancipation.  En effet, la crise du logement élève au rang de défis des étapes essentielles à toute vie d’adulte. Prendre son indépendance, emménager  avec l’élu(e) de son cœur, trouver plus grand en prévision d’un heureux événement,  etc.   Autant de caps qui semblaient faciles à d’autres époques pour peu qu’on ait un travail et qui semblent aujourd’hui très hypothétiques.

Une rupture du contrat social traditionnel

Le contrat social d’hier était simple et connu de tous: étudier pour obtenir un diplôme et accéder à un emploi lequel permettait de se  loger et de mener une vie décente tout en finançant sa retraite. Le contrat social d’aujourd’hui est notoirement plus aléatoire : le diplôme ne garantit plus l’emploi et l’exercice d’un emploi n’assure en rien la capacité à se loger et à mener une vie décente. Quant à la retraite, les jeunes Y commencent à comprendre qu’ils cotiseront toute leur vie sans grand espoir de retour.
Cependant, la rupture du contrat social traditionnel n’a jamais été officialisée et c’est en se frottant à la réalité que de nombreux Y le découvrent. Ils sont nombreux en effet, à constater, incrédules, qu’en dépit de leur beau diplôme et de leur travail, ils ne pourront prétendre qu’à de petits appartements, en location, à condition de plaire aux bailleurs et d’obtenir une garantie parentale.

Une situation d’assistanat subie

Il existe certes des logements sociaux et des dispositifs d’aide au logement mais inutile de préciser que ces formes d’aide – assistanat diront certains – ne correspondent en rien à ce qu’ils espéraient.
Les solidarités intergénérationnelles, bien réelles, atténuent elles aussi le choc du logement, mais présentent un effet collatéral : le maintien des jeunes adultes dans la dépendance familiale. Cécile Van de Velde évoque avec justesse dans un de ses articles, « la semi-dépendance française »  des jeunes générations, « fruit (d’une) tension entre une norme d’autonomie précoce et des conditions financières qui la rendent durablement inaccessible ».

Une situation souvent traitée à la légère

La société à pour l’instant peu pris en compte cette « gueule de bois » des Y. La question est  pour l’instant traitée sur le mode anecdotique voire humoristique. En témoigne le film « Tanguy », d’Etienne Chatiliez, paru en 2001, où le héro, Tanguy, 28 ans, hante le domicile parental avec délectation, tout en poursuivant de très nombreuses études dont une fumeuse thèse sur « L’émergence du concept de subjectivité en Chine ancienne ».
Ce film a sans doute parlé au public parce qu’il décrivait une réalité incontestable : l’allongement de la durée du séjour des enfants au domicile parental. En revanche – et c’est sans doute pour cela qu’il s’agit d’un film humoristique – il passe complètement à côté des causes réelles du phénomène. Le Tanguy du monde réel enchaîne généralement les stages et les CDD et se heurte aux refus des bailleurs lorsqu’il veut louer un appartement. Pour un Tanguy atteint du syndrome de Peter Pan, il existe cinquante jeunes Y frustrés de ne pouvoir prendre leur envol.

Vers une repatrimonialisation de la société française?

Je vous laisse avec l’éclairage de Louis Chauvel sur la question. Ce dernier revient sur le caractère décisif des solidarités familiales, notamment en matière de logement, dans un contexte de « repatrimonialisation » de la société française.

http://www.dailymotion.com/relevance/search/+Louis+chauvel/video/x3drc2_csoj-discriminations-sociales_politics

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