webleads-tracker

Flux pour
Articles
Commentaires

jeune entrepreneur

A la lecture d’un récent sondage*, on apprend qu’un jeune sur deux souhaiterait créer son entreprise et que 13 % auraient même un projet concret. Et les commentateurs de s’enthousiasmer sur une nouvelle vague d’entrepreneurs poussés par le numérique, les startups etc.

Une question simple mérite notre attention : quoi de neuf ? Réponse : rien. Depuis des années, sondage après sondage, les intentions de créations d’entreprise de la part des jeunes tournent autour de ce chiffre (voir notamment cet article).

La question à se poser est plutôt : quels freins expliquent le décalage entre cette intention entrepreneuriale massive et la réalisation ? Entrepreneur depuis plus de 5 ans, j’ai ma petite idée sur la question :

Le régime social et fiscal des entrepreneurs. Sans même évoquer le niveau d’imposition, le jeune qui crée son entreprise devra gérer un niveau de complexité administrative grotesque et une multitude d’interlocuteurs. Cette complexité l’obligera souvent à faire appel à des conseils (avocats, experts-comptables, etc.). Autant de frais qui n’iront pas au cœur de son projet. S’agissant de la protection sociale, l’entrepreneur sait qu’à moins de financer de coûteuses assurances privées, il ne peut compter que sur lui-même. Le niveau de prise de risque est donc colossal au regard de la situation d’un salarié.

Les prix de l’immobilier. Pour commencer une activité professionnelle et accueillir du personnel, mieux vaut avoir des locaux. Dans de nombreux pays du monde, la location de locaux commerciaux est un acte relativement anodin. Pas en France. Dans notre hexagone où la spéculation immobilière est un sport national, la location de bureaux dans une grande agglomération est hors de portée des jeunes créateurs. Les coworkings et autres espaces collaboratifs qui pullulent ne sont que des cache-misères. Adaptés pour un free-lance qui débute, ils ne correspondent pas aux besoins des TPE/PME.

L’ostracisation de l’entrepreneur. Célébré dans les médias pour son dynamisme, l’entrepreneur est vite rattrapé par la réalité qui lui rappelle que son statut n’est pas « normal ». S’il souhaite emprunter pour acheter son logement par exemple, sa banque lui fera vite comprendre que son dossier de jeune entrepreneur n’a que peu de chance d’aboutir. Ayant fait l’expérience en fournissant un très bon bilan, j’ai constaté que les taux d’intérêt que j’obtenais était de 1 à 1,5% supérieurs à ceux de mes amis salariés en entreprise. Louer son logement ? N’y pensez pas. Les dossiers d’entrepreneurs sont automatiquement mis en bas de la pile, après les fonctionnaires, les salariés, les professions libérales et même les CDD… Là encore, à moins de disposer d’appuis personnels, le parcours sera infiniment plus complexe que celui d’un salarié.

L’accès au financement. Est-il besoin de développer ? A moins de gager la maison qu’il n’a pas ou d’être autosuffisant, il sera très difficile au créateur de financer ses premiers investissements et de verser ses premiers salaires. Là encore, les levées de fond miraculeuses dont se font échos les médias nous font oublier une réalité brutale : il est extrêmement difficile à l’entrepreneur « du coin de la rue » de trouver des financements.

Voilà pour les constats.  Rendez-vous l’année prochaine pour la sortie du prochain baromètre. Quelque chose me dit que 50 % des jeunes souhaiterons créer leur entreprise ;-)

 

* Baromètre Idinvest réalisé avec Viavoice sur les 18-24 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.challenges.fr/entreprise/20150412.CHA4844/un-jeune-francais-sur-deux-pret-a-creer-son-entreprise.html

Les barrières à la création d’entreprises :

Dans les grandes villes, la spéculation immobilière interdit le plus souvent aux créateurs de disposer de locaux. Le coworking, c’est

 

* Baromètre Idinvest réalisé avec Viavoice sur les 18-24 ans

Articles similaires:

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire