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Deuxième billet de cette nouvelle rubrique « mes débuts », dont le principe est de suivre les débuts de jeunes diplômés dans le monde de l’entreprise.

Cette semaine, j’ai rencontré Stéphanie, 25 ans, qui fait ses débuts dans les ressources humaines. Ces débuts, un peu chaotiques, illustrent la difficulté pour les jeunes de trouver un premier emploi stable.  Mais d’autres éléments plus positifs émergent : son énergie, sa passion pour son métier et sa volonté d’y arriver coûte que coûte.



Peux-tu te présenter. Quel est ton cursus ?

Après un bac littéraire, je me suis d’abord orienté vers un BTS assistante de direction.

Après quelques mois, j’ai voulu tenter le concours de professeur des écoles. Je me suis pour cela inscrite en licence à l’université. Hélas, malgré l’obtention de ma licence avec mention, je ne suis pas parvenu à entrer à l’IUFM [institut de formation des maîtres].

C’est à ce moment que je décide de me réorienter dans le domaine des ressources humaines car cette matière m’avait beaucoup plus lorsque j’étais en BTS.

Concrètement, comment te réorientes tu ?

Je choisis de faire une école privée en alternance, dans laquelle je suis admise directement en 3ème année.

Pourquoi ce choix de l’alternance ?

L’alternance était pour moi une évidence, et pas uniquement pour des questions financières. Je voulais dès le départ me faire de l’expérience dans le domaine.

Comment a tu choisi ton entreprise ?

A vrai dire, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver une entreprise pour m’accueillir. J’ai débuté les cours en octobre sans avoir d’entreprise et je n’ai trouvé que mi-décembre, quelques jours seulement avant la date limite imposée pour signer un contrat.

Ton école a-t-elle été utile pour ta recherche ?

Pas vraiment. Et j’ai d’ailleurs été très déçue. Lorsque je m’étais renseigné pour m’inscrire, on m’avait pourtant vanté les partenariats entre l’école et des grandes entreprises, censés faciliter contrats en alternances.  Mais à l’époque, j’étais ravie d’avoir trouvé une entreprise…

Comment se passe ton intégration dans l’entreprise ?

Mon intégration s’est extrêmement bien passée pour plusieurs raisons. D’abord, j’ai eu un tuteur exceptionnel qui a pris le temps de me former. Il m’a transmis sa passion pour les RH et m’a fait découvrir un secteur [le BTP].

Et puis il y les petits détails qui comptent : à mon arrivée, mon matériel était déjà là et mon tuteur m’a immédiatement présenté à toute l’équipe. Malgré mon statut d’alternance et ma présence seulement quatre jours par semaine, j’ai été assimilé aux autres salariés dès mon arrivée.

Un autre petit détail, mais qui m’a beaucoup touché : quelques jours après mon intégration, je me suis rendu au repas de Noël de l’entreprise et j’ai découvert à ma grande surprise qu’un panier cadeau avait été prévu à mon attention, comme pour les autres salariés.

Sur le plan métier, comment se déroule tes premiers pas de RH ?

J’ai travaillé sur la gestion des compétences. Le contenu du poste correspondait exactement a la description que m’on tuteur m’en avait fait lors du recrutement.

Mon tuteur m’a donné beaucoup d’autonomie très rapidement. J’étais en contact direct avec tous les Responsable RH sur certains sujets, alors même que j’étais encore en alternance.

Et puis j’ai été formé comme le reste du personnel sur l’évaluation et sur les outils informatique que nous utilisions. Ils ont vraiment investi sur moi.

En parallèle, j’ai suivi un master 1 en RH, ce qui m’a permis de progresser également sur d’autres dimensions RH

Tu quittes l’entreprise à la fin de ton contrat ?

Et bien en fait non. Un congé maternité intervient juste avant mon départ et j’accepte avec joie un CDD de 6 mois comme campus manager [chargée de relation écoles].

En deux mots, il s’agissait d’organiser et de participer aux forums d’école d’ingénieurs. Il y a un aspect logistique et organisation important.

Pas trop dur d’être face à des étudiants à peine moins âgés que toi ?

Au début un peu. Il faut franchir le cap. Mais j’avais été bien formé pour prendre ce poste et la transition s’est donc passée en douceur.

Ceci étant dit, je me souviens certains étudiants se permettaient des questions assez directes du fait de mon jeune âge. Un jour, un étudiant m’a demandé dans quel style d’hôtel les salariés descendaient lorsqu’ils étaient en déplacement [rires]

Une chose est sûr, ce poste aide aussi à développer sa répartie.

Comment se passe la fin de ton CDD ?

C’est dur. Je n’ai aucune envie de quitter l’entreprise où je me sens si bien. Mes collègues ont eu beau faire des pieds et des mains, il n’y a aucun poste ouvert. Je n’en veux à  personne mais je suis un peu dégouté.

Et ta recherche d’emploi de l’époque ?

C’est horrible. Je déteste me sentir inutile et tourner en rond. Au bout de trois semaine, j’en suis à envisager une reconversion et au bout d’un mois, je m’inscris dans des agences d’intérim.

Je finis par accepter un CDD de 6 mois d’assistante RH pour une grande entreprise de la finance. Il s’agit, me dit-on, d’un remplacement de congé maternité avec une possibilité de CDI si la collaboratrice ne revient pas.

Du secteur du BTP à celui de la finance, tu as du avoir un choc culturel ?

Tu ne crois pas si bien dire. Le secteur est intéressant mais l’ambiance est très différente, avec hiérarchie marquée jusque dans les moindres détails. Un exemple, le mobilier (lampe, crayons, etc.) est différent en fonction de ton grade.

Et le contenu du poste ?
Intéressant mais j’étais hélas un peu sous-exploitée. Par exemple, je préparais les entretiens de recrutement sans y assister alors que j’avais été formé pour en faire. Et puis j’étais beaucoup moins autonome, je devais d’abord passer par la responsable des assistantes avant de prendre des initiatives. Etc.

Mais je ne me plains pas, le poste était prévu ainsi depuis le départ. C’était le « deal ».

C’est aujourd’hui la fin de ton CDD, où en es tu ?

Et bien, la personne que je remplace ne revient pas, mais le CDI n’est plus d’actualité car le poste n’est pas reconduit.

Me voilà donc de nouveau en recherche d’emploi. Je recherche un poste de chargé de RH. Il y a peu d’annonces mais j’ai quelques touches et je suis motivé.

***
Note de l’auteur : la volonté de Stéphanie au travers de cet entretien est de témoigner avant tout. Toutefois, en tant que professionnel des ressources humaines, je ne peux que recommander vivement sa candidature. Son contact humain, sa motivation et le témoignage de ses anciens collègues (croisés au hasard d’un diner – le monde est petit…) sont autant d’indices de la qualité de cette personne. N’hésitez donc pas à me faire signe si vous avez connaissance d’un besoin.

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3 Réponses à “Mes débuts dans…les ressources humaines”

  1. Gr3nadeNo Gravatar dit :

    Effectivement, la partie « accueil » est très positive, je me rappelle mon premier contrat dans ma profession de reconversion (avant j’étais commerciale dans les mutuelles), je bossais avec mon pc portable personnel, je n’avais pas de place attitrée, analyste programmeur j’étais présentée comme stagiaire (alors que j’étais employée en contrat de qualification) !!! Je me suis retrouvée à faire de la compta, de la prospection commercial, du référencement, du développement… Quand on m’a confié des projets, j’étais en direct avec le client, pas de spécifications fonctionnelles écrites, pas de spécifications techniques juste des explications par téléphone ou sur des bouts de post-it d’un chef de projet pas beaucoup moins paumé que moi… Pas de cadrage, mon tuteur ne m’a jamais « tuteuré » , malgré les complaintes de mon école à ce sujet, il s’est occupé de mon cas 1 fois par an pour dire que j’avais mon augmentation contractuelle de 3 peanuts en grommelant , mais je me suis acharnée pendant toute la durée de mon contrat tout en souhaitant ne pas être reconduite sur un CDI qu’on m’a pourtant finalement proposée.
    Je suis partie un peu dégoutée, et me suis mise à mon compte pendant 1 an avant de revenir dans une société, à 700km de mon point de départ.

    Dommage pour son CDD qu’il n’ait pas été reconduit, cela dit l’expérience devait être très enrichissante, et le cadre humain lui a probablement donné la chance de se focaliser sur le plus important : son travail.

    Réponse La génération Y : Merci beaucoup pour ton témoignage. Il contraste pas mal avec l’accueil reçu par Stéphanie. On ne peut pas dire que tu aies été choyée… Ton témoignage montre également la difficulté des entreprises à fidéliser des jeunes qui n’ont pas été correctement accueillis et suivis.

  2. Alice dit :

    J’ai lu avec un grand intérêt le témoignage de cette jeune fille. Qu’est-elle devenu environ 8 ans après ?
    Pour ma part je viens de terminer une Master en RH avec alternance aussi et je ne peux que dire une chose concernant le secteur des RH : fuyez, malgré tout ce que disent les écoles pour tenter d’avoir des élèves (et donc de l’argent car ce sont des écoles payantes, privées et à but lucratif payé par les entreprises qui accueillent des alternants).
    La crise est passée, trop d’écoles forment des jeunes. Derrière, il faut s’attendre à de longs mois de chômage et d’énormes désillusion en matière d’emploi : emplois vraiment sous-qualifiés en RH et voire même pas en RH du tout (mais plus assistante, secrétaire…).
    Seul salut : se spécialiser très tôt (dès le DUT) pour faire des stage et alternance et sortir avec environ 4 ans d’expérience en ayant fait de la paye, du recrutement et de l’administration du personnel. Hors cela vous allez vraiment galérer et vous dire… j’ai été bête (même si j’aime mon métier, je ne peu pas l’exercer…) Bref, je suis un peu triste et je cherche à me reconvertir dans la paie (mais encore faut-il trouver une alternance à plus de 25 ans….)
    Courage à tous et soyez prudents dans vos orientations…. n’écoutez pas trop les écoles qui « vendent » du rêve et son déconnectées des réalités.

  3. Julien POUGET dit :

    …Juriste d’un jour, juriste toujours… Mais je ne peux en dire plus

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