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**Le contexte – la décision**

Il est donné dans Libération :  une unité opérationnelle d’un grand groupe sidérurgique  a décidé, en lien avec la crise économique, de diminuer de moitié l’indemnisation de ses 33 stagiaires ingénieurs et de supprimer leur prime de  de fin de stage.

Leur rémunération mensuelle  passe ainsi de  1000€ à 550€ par mois.

**Les conséquences **

  • L’unité opérationnelle a déclenché un buzz négatif puissant qui risque de rejaillir sur l’ensemble du groupe.  Une simple recherche Google sur « [nom de l’entreprise + stagiaires] » le prouve : dans les 5 premiers liens, 3 relatent la décision de la direction du site de baisser les indemnités des stagiaires. Un « référencement naturel » problématique pour un groupe qui va être confronté à une pénurie croissante sur ce type de profil.
  • L’implication des stagiaires-ingénieurs présents dans l’entreprise va  diminuer. En donnant le sentiment que les stagiaires sont une variable d’ajustement, l’entreprise affiche une vision  court-terme en matière de ressources humaines. Le corolaire est automatique : les stagiaires auront le plus grand mal à se projeter à long terme dans l’entreprise et  chercheront sans doute à se faire embaucher ailleurs.
  • Le dialogue social au niveau de l’entreprise s’est tendu. La CFDT vient de publier un communiqué incendiaire sur Le Post. Ceci risque de compliquer la conduite d’autres négociations en cours.

**Que peut-on apprendre de cette situation ?**

  1. Construire et maintenir une image employeur attrayante requiert un effort de tous les instants. Le résultat repose sur l’action de tous les hommes et toutes les structures d’un groupe. En d’autres termes, chaque maillon de la chaine peut, par sa seule action, améliorer ou nuire à la réputation employeur de l’ensemble du groupe.
  2. Il est nécessaire de responsabiliser les managers sur des objectifs  à court terme ET long terme. La notion de coût mérite d’être pensée globalement. Dans  notre exemple, le responsable a certes économisé quelques milliers d’euros à court terme mais combien le groupe a t-il perdu en termes d’image ? combien de campagnes de communication RH faudra t-il pour « gommer » cet épisode ? A quel prix ? Combien va coûter la dégradation du climat social sur le plan de la productivité ? Etc.
  3. La réputation numérique d’une entreprise se joue sur la durée. La mémoire de Google est de ce pointe de vue terrifiante : en lançant une simple recherche sur le nom de l’entreprise, on retrouve un article du Figaro datant de 2007 où le responsable de la gestion des cadres du site concerné déclarait

« Notre objectif est de nouer un partenariat fort et suivi avec des écoles susceptibles d’être des viviers de recrutement pour les différentes unités du groupe en France ».

La direction du même site confirmait également dans l’article  sa participation à une course croisière étudiante  en précisant qu’elle utiliserait la « formule du binôme » dans laquelle, je cite :

 » Le bateau de l’entreprise est associé à un bateau d’étudiants, avec un même objectif : faire gagner l’équipe ».


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2 Réponses à “Etude de cas express : Les stagiaires et la crise”

  1. Gr3nadeNo Gravatar dit :

    Un ami et collègue me faisait remarquer que dans son entreprise on n’hésite pas à raccourcir le budget papier (ce qui n’est pas plus mal, parfois, quand on voit ce que certains impriment, on se demande si ça valait le coup de faire mourir un arbre pour ça…) à réduire les salaires au plus bas y compris celui du stagiaire qu’on veut aussi voir travailler à l’usine et au moulin à la fois, et puis de l’autre coté on investit dans une nouvelle imprimante dont on a pas besoin, dans de nouveaux ordinateurs portables à fort coûts de maintenance, alors qu’on pourrait choisir des « postes fixe »… Bref la gouvernance « au petit bonheur la chance » est un grand facteur de nuisance pour les Ressources humaines qui déjà postulent ailleurs et laissent leur regard balayer le champ des possible… avec le goût amer de « ça aurait pu être une bonne boite », mais finalement, sécurité de l’emploi, on surf finalement pas tellement sur une vague d’embauches…
    On peut démonter l’entreprise et parler de son manque d’humanité, mais elle trouvera toujours des gens pour travailler dans les postes qui resteront vacants, ET elle ne déploiera pas de moyens pour recruter plus ou mieux : elle chargera la mule des employés présents, en comptant sur leur courage, (et au pire, elle se rebelle, cabre un peu, mais elle tire quand même en avant, et remplie difficilement, mais réellement ses objectifs, la mule…)… Résultat c’est la cohésion générale qui tient maintenant les entreprises -du genre-, et qui supplante les coûts de communication RH, car on favorise la cooptation et… la patience !!

  2. Julien POUGET (La Generation Y. Com)No Gravatar dit :

    Merci pour le commentaire Maya. Espérons que les entreprises profitent de cette période économiquement difficile pour rationaliser leurs investissements et de mettre les ressources humaines au cœur de leur stratégie.

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