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intedit-dinterdire

Les générations aussi vieillissent. L’esprit de mai qui animait les soixante-huitards et leur faisait écrire sur les murs « il est interdit d’interdire » est mort, emporté avec leur jeunesse.

Les rebelles d’hier sont aujourd’hui à l’aulne leur retraite et ne souhaitent plus vraiment changer le monde. La priorité est désormais de sécuriser l’environnement dans lequel ils évoluent et dont ils occupent – pour quelques années encore – les postes clés. Le vote de la loi Hadopi illustre à merveille cette volonté des « anciens »  – je me permets cette familiarité, l’âge moyen d’un sénateur dépassant 62 ans –  de contrôler l’environnement et d’imposer des normes de comportements aux plus jeunes. Cette attitude, souvent motivée par des intentions nobles  (protection de la création, santé publique) aboutie néanmoins à ériger une liste d’interdictions plus ou moins ostensiblement destinée aux jeunes. Sans se prononcer sur le fond, on constate que les jeunes ont perdu en quelques années le droit d’acheter du tabac ou de l’alcool, de télécharger, de se regrouper en bas des halls d’immeuble, etc.

Il faut ajouter à ces interdictions les « droits restreints » qui privent les jeunes de droits ouverts à l’ensemble des autres citoyens. On peut à titre d’exemples citer l’interdiction de se présenter à la députation avant 23 ans, l’impossibilité de bénéficier du RMI ou du RSA avant 25 ans, et l’obligation d’avoir 35 ans révolus pour se présenter aux élections sénatoriales.

Cette attitude paternaliste serait compréhensible si le monde que les « anciens » s’apprêtent à léguer aux plus jeunes était semblable ou en meilleur état que celui dont ils ont hérités. On pourrait, dans cette hypothèse, arguer de l’exemplarité du modèle pour justifier la mise à l’écart  des jeunes et légitimer le fait de leur imposer des normes de comportement.

Hélas, et j’enfonce des portes ouvertes en écrivant cela, l’état actuel du globe qu’ils s’agissent d’économie, d’écologie ou de pauvreté est loin d’offrir cette légitimité. Le plus inquiétant est que cet échec ne s’accompagne d’aucune remise en cause. C’est donc « entre eux » (à l’abri des jeunes), que les responsables pensent la crise actuelle et les mesures susceptibles de relancer l’économie. En témoigne la composition des différentes commissions (Attali, Balladur, etc.) qui ne font aucune place aux jeunes.

Penser l’avenir en excluant ceux qui l’incarnent, pari risqué…


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